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USB RUGBY VALLEE DE LA DORDOGNE
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16/01/2002  (midi-olympique)

Teulet, le « petit lutin » castrais

 

Merci le hasard ! Sans lui, le « petit poucet », le « Lutin » ou encore « Robocop » ne régalerait pas le championnat et la Coupe d’Europe à l'heure qu'il est.
Quand, à onze ans, Romain Teulet, footballeur prometteur, s’apprête à partir effectuer un stage d’un an chez les Girondins de Bordeaux, un de ses voisins l’emmène à un entraînement de rugby… « Cela aurait très bien pu être un autre sport, je pense que je ne serais pas revenu vers le foot. Tous les sports me plaisaient. Le rugby a ceci de plus que je peux courir avec le ballon tout en continuant à pouvoir taper dedans ! C’est la combinaison des deux qui m’a attiré. »

Depuis trois années que le Castres olympique, en concurrence avec d’autres clubs de l’élite, l’observait, le sollicitait... Et ce n’est que pendant la dernière intersaison que Romain Teulet s’est décidé à partir pour l’aventure. Pourquoi ne pas avoir franchi le Rubicon plus tôt ? « Je jouais depuis mes débuts dans le club de Bergerac. Le président de Périgueux m’a fait venir. J’y suis resté six mois, avant de repartir pour Bergerac... Employé municipal dans ma ville, j’avais obtenu une mutation, mais les conditions et surtout les horaires étaient complètement différents. Mon emploi du temps était devenu très lourd et, même si cela m’a beaucoup apporté sportivement, j’ai passé des moments très difficiles. »
De retour à Bergerac, sa ville, là où Romain Teulet a toute sa famille, tous ses amis, il prend la décision de partir pour le Castres olympique par peur d’avoir à regretter plus tard de ne pas avoir tenté l’aventure. « A l’intersaison, après avoir achevé toutes les formalités – c’est-à-dire obtenu une disponibilité par rapport à mon emploi afin de pouvoir revenir en cas d’échec à Castres –, j’ai appris que plus rien ne tenait. Ce fut une déception énorme pour moi. Je suis parti en très mauvais terme avec la nouvelle équipe dirigeante du club de Bergerac. »

Très touché par cet épisode, Romain est arrivé avec son amie à Castres pour construire une nouvelle vie. A 24 ans, lui qui aime se promener, passer du bon temps, rires et regarder les comédies qui font rire, bref, les choses simples de la vie, son arrivée au CO n’a pas défrayé les chroniques. Humble, il s’était fixé un premier palier : figurer sur toutes les feuilles de matchs.
Demi d’ouverture de formation, Teulet, 1.65, 77 kilos, a l’occasion rêvée de faire ses preuves avec la blessure d’Alexandre Albouy. Formidable buteur, il s’est donné à fond, mais en à baver aussi. « Quand Alexandre (Albouy, ndlr) s’est blessé, je n’était vraiment pas au mieux moi non plus ! Physiquement, j’avais beaucoup de mal à suivre le rythme ! ». Malgré ses performances, il n’est pas pour autant titulaire. Fort du soutien de ses entraîneurs, il joue un temps à l’ouverture et aujourd’hui arrière. « J’éprouve de plus en plus de sensation à ce poste. J’apprécie le fait d’être le dernier rempart, relancer, pouvoir observer et décrypter le jeu afin d’anticiper au maximum. Choses qui sont plus difficiles à faire quant on est derrière la mêlée. »

De la « perle rare du Castres olympique », grande révélation de ce Top 16, Bernard Laporte dit être impressionné, trouver le « petit lutin » surprenant... Bientôt le XV de France ? Ce n’est pas dans les priorités de Romain. Lui qui se décrit comme rigoureux, s’investissant entièrement dans tout ce qu’il entreprend, n’y pense pas. Tout va très vite dans le monde du rugby, l’évolution du jeu lui-même, la professionnalisation… La tête bien fixée sur les épaules, Romain Teulet conserve toujours son objectif premier : progresser pour devenir un titulaire indiscutable du Castres olympique.

Myriam PERISSAT